
Un quatrième livre à mettre à l’actif de Martial De-Paul Ikounga, ancien ministre, nommé, en décembre 2012, à Addis Abeba (Éthiopie), commissaire de l’Union africaine aux ressources humaines, sciences et technologies. Il s’agit d’un recueil de proverbes intitulé: «Proverbes de la sagesse yaka». Un livre paru, récemment, aux Editions L’Harmattan-Congo, après «Devoir de parole» (essai, 2000), «Voyages initiatiques» (roman, 2003, Editions Haho) et «La mort de Dieke» (Roman, Editions Hemar, 2010).
Proverbes de la sagesse yaka est un ouvrage de 150 pages, composé de 758 «matsaba» ou proverbes et sentences yaka (langue utilisée à Sibiti, département de la Lékoumou au Congo-Brazzaville), traduits en français et annotés. Ces proverbes sont l’expression d’une sagesse à laquelle on peut se référer dans différents domaines de la vie, le comportement, la famille, etc.
«Comme au tribunal, on recourt aux hommes de droit qui connaissent et maîtrisent le langage et la procédure juridiques, lors des palabres qui marquent le règlement d’une affaire en famille ou dans les tribunaux coutumiers, le langage des proverbes est d’une grande utilité en tant que cheminement pour aboutir à un règlement amiable des litiges.
Même quand il s’agit de litiges sérieux, on donne l’impression, grâce aux proverbes, de ne point parler de sujets qui fâchent. Il n’est, d’ailleurs, pas certain que les profanes, venus accompagner les parties adverses et qui assistent à la joute verbale, soient à même de saisir de quoi il retourne réellement. Les principaux concernés, eux-mêmes, ont recours à des experts, les nzonzi, maîtres dans le maniement des proverbes», lit-on, à la quatrième page de couverture du livre.
En publiant un recueil de proverbes de la langue yaka, Martial De-Paul Ikounga vient de réaliser un rêve qu’il caressait depuis son enfance. Tel qu’il l’explique en avant-propos de son livre: «Chaque fois que, pendant mon enfance, j’avais l’occasion d’assister aux palabres interminables au cours desquelles un de mes grands-parents, chef de quartier de son état à Dolisie, disait le droit coutumier, j’étais particulièrement impressionné par l’utilisation de proverbes et sentences en tant que cheminement pour aboutir à un règlement amiable. Quand même il s’agissait des litiges sérieux, on y donnait l’impression, grâce au langage des proverbes, de ne point parler des sujets qui fâchaient. Il n’était pas certain que les profanes, qui accompagnaient les parties opposées et qui assistaient à la joute verbale, fussent à même de saisir de quoi il s’agissait réellement. Les principaux concernés, eux-mêmes, faisaient recours à des experts, les Nzonzi (sages). On les voyait de temps en temps se pencher à l’oreille de leur Nzonzi pour savoir où ils en étaient. Chacun appréciait la tournure proverbiale de la partie adverse et savait que courir le risque de parler hors sujet ou à contre-sens était fort préjudiciable. Le chef de quartier, le Nzonzi appelé à trancher le litige, avait la clé et le savoir pour tout comprendre. Il pouvait ainsi redresser ou relancer le débat quand la réplique attendue tendait à pousser malicieusement à l’enlisement ou ne venait pas. Le tarissement de l’inspiration d’un camp signalait, souvent, un aveu ou l’abandon de toute autre prétention. Ma fascination avait toujours été grande. Elle l’est encore chaque fois que l’occasion m’est offerte de voir cette magie des proverbes se manifester également, lorsqu’on y fait abondamment recours au cours des palabres qui concluent les funérailles ou encore lorsque les familles se rencontrent pour sceller les liens du mariage coutumier, des liens matrimoniaux sans lesquels il n’y a guère de vraies unions sous nos cieux.
Plus grande, certainement, est ma joie, aujourd’hui, de réaliser un rêve d’enfance, celui de regrouper en recueil, accessible à tous, un nombre significatif d’éléments qui traduisent la sagesse des pays Yaka».
Martial De-Paul Ikounga a été maire et député de Sibiti.
Véran Carrhol YANGA
«Proverbes de la sagesse yaka»; Martial De-Paul Ikounga; proverbes; Editions L’Harmattan-Congo(2013); 15,50 euros.
Proverbes de la sagesse yaka est un ouvrage de 150 pages, composé de 758 «matsaba» ou proverbes et sentences yaka (langue utilisée à Sibiti, département de la Lékoumou au Congo-Brazzaville), traduits en français et annotés. Ces proverbes sont l’expression d’une sagesse à laquelle on peut se référer dans différents domaines de la vie, le comportement, la famille, etc.
«Comme au tribunal, on recourt aux hommes de droit qui connaissent et maîtrisent le langage et la procédure juridiques, lors des palabres qui marquent le règlement d’une affaire en famille ou dans les tribunaux coutumiers, le langage des proverbes est d’une grande utilité en tant que cheminement pour aboutir à un règlement amiable des litiges.
Même quand il s’agit de litiges sérieux, on donne l’impression, grâce aux proverbes, de ne point parler de sujets qui fâchent. Il n’est, d’ailleurs, pas certain que les profanes, venus accompagner les parties adverses et qui assistent à la joute verbale, soient à même de saisir de quoi il retourne réellement. Les principaux concernés, eux-mêmes, ont recours à des experts, les nzonzi, maîtres dans le maniement des proverbes», lit-on, à la quatrième page de couverture du livre.
En publiant un recueil de proverbes de la langue yaka, Martial De-Paul Ikounga vient de réaliser un rêve qu’il caressait depuis son enfance. Tel qu’il l’explique en avant-propos de son livre: «Chaque fois que, pendant mon enfance, j’avais l’occasion d’assister aux palabres interminables au cours desquelles un de mes grands-parents, chef de quartier de son état à Dolisie, disait le droit coutumier, j’étais particulièrement impressionné par l’utilisation de proverbes et sentences en tant que cheminement pour aboutir à un règlement amiable. Quand même il s’agissait des litiges sérieux, on y donnait l’impression, grâce au langage des proverbes, de ne point parler des sujets qui fâchaient. Il n’était pas certain que les profanes, qui accompagnaient les parties opposées et qui assistaient à la joute verbale, fussent à même de saisir de quoi il s’agissait réellement. Les principaux concernés, eux-mêmes, faisaient recours à des experts, les Nzonzi (sages). On les voyait de temps en temps se pencher à l’oreille de leur Nzonzi pour savoir où ils en étaient. Chacun appréciait la tournure proverbiale de la partie adverse et savait que courir le risque de parler hors sujet ou à contre-sens était fort préjudiciable. Le chef de quartier, le Nzonzi appelé à trancher le litige, avait la clé et le savoir pour tout comprendre. Il pouvait ainsi redresser ou relancer le débat quand la réplique attendue tendait à pousser malicieusement à l’enlisement ou ne venait pas. Le tarissement de l’inspiration d’un camp signalait, souvent, un aveu ou l’abandon de toute autre prétention. Ma fascination avait toujours été grande. Elle l’est encore chaque fois que l’occasion m’est offerte de voir cette magie des proverbes se manifester également, lorsqu’on y fait abondamment recours au cours des palabres qui concluent les funérailles ou encore lorsque les familles se rencontrent pour sceller les liens du mariage coutumier, des liens matrimoniaux sans lesquels il n’y a guère de vraies unions sous nos cieux.
Plus grande, certainement, est ma joie, aujourd’hui, de réaliser un rêve d’enfance, celui de regrouper en recueil, accessible à tous, un nombre significatif d’éléments qui traduisent la sagesse des pays Yaka».
Martial De-Paul Ikounga a été maire et député de Sibiti.
Véran Carrhol YANGA
«Proverbes de la sagesse yaka»; Martial De-Paul Ikounga; proverbes; Editions L’Harmattan-Congo(2013); 15,50 euros.
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