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Tchimbamaba PN 242 The story of 12

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Tchimbamaba PN 242 The story of 12
Pointe-Noire, (Starducongo.com) - Suite de l'histoire vraie de Naomie Makosso, la petite princesse du quartier Tchimbamba à Pointe Noire. Après un séjour à Dolisie, Philippe Edouard, le réalisateur de Tchimbamba PN 242, est de retour dans la ville océane. Pour lire tous les épisodes, cliquez : ici

TCHIMBAMBA PN 242 - The story of #12 - J'attends

C'est le second jour d'avril. A mon retour d'une route trempée d'un incroyable orage entre Dolisie et Pointe Noire. Au ciel qui gronde j'ajoute la nuit, le vent, le brouillard, un piano électrique calé contre moi qui me laboure le genou dans un pick-up plein à craquer ! J'ai laissé derrière moi les accords de guitare d'Achille Mouebo, le Mbouata (bouillie de manioc servie avec des arachides) de sa Maman , les Sages du Niari et les noix de kola sous la paillote… Les images sont dans la boîte pour un prochain soixante minutes sur le Roi du Mutenfo, je tombe de fatigue pendant que l'idée de prendre une douche tombe à l'eau. La bâche est vide, le poulet est froid, le Fanta est à la grenadine et le courant s'en va ! Je m'endors avec, un immense bleu au genou et, dans la tête, les deux concerts d'Achille donnés dans la "Capitale de l'or vert"…

Naomie passe souvent me voir. L'emmerdant est que le temps passe aussi. Et il faut que je passe à la parcelle. Mama Céline a des choses importantes à me dire : "Il y a des choses que j'aime pas dans le contrat et j'ai noté ça dessus". Mama Céline va chercher le contrat et j'attends. Mama Céline ne trouve pas le contrat et j'attends. Mama Céline va chercher dans une autre cabane et j'attends. Et puis je ne peux plus attendre : "On voit ça un peu plus tard ?". Je pars chercher des Fine vertes, Naomie veut m'accompagner, sur le goudron un poteau électrique est en flammes, j'achète des yaourts et du jus de mangue pour les enfants. Et je file travailler… Le même jour, 19:00. Mama Céline semble aussi chiffonnée que le contrat qu'elle tient dans la main et qu'elle a retrouvé. Très inquiète de l'article faisant référence à l'attribution de juridiction : "Non, non, non, on va pas aller au tribunal ! Pourquoi on irait au tribunal ?". J'aime beaucoup Mama Céline, elle a derrière ses allures de général un côté très touchant, un autre côté très enfant lorsqu'elle se met à sourire… C'est vrai, pourquoi irait-on au tribunal ?

Le soleil s'est levé sur un grand jour, sur un beau rendez-vous. Quartier Loandjili, Espace Yaro Culturel, Claver, Sophie la responsable de la communication, Naomie, moi et deux croix sur le calendrier : cinq et neuf juin. Le cinq pour ouvrir le festival à l'Institut Français, le neuf pour le clôturer à l'Espace Trentenaire. Du coup, Naomie ne rit plus. Peut-être est-ce d'avoir vu Claver le directeur du festival qui lui met un peu de pression. Peut-être… Et de tracer notre chemin jusqu'au Studio 63, à Fond Tié-Tié pour aller voir les "Tontons". Ils semblent inséparables : Pythagore7 et Pariss Akwaba. Je les ai rencontrés il y a presque longtemps. Je sais qu'ils vont me dire oui et ils disent : Oui pour les backing vocals, oui pour la guitare. "Dimanche, 15 heures ?". Ce sera la première répétition de la Petite Princesse de Tchimbamba avec ses musiciens. Ne m'en veux pas d'avoir oublié d'écrire que Yannick, le percussionniste d'Achille Mouebo, est aussi partant pour l'aventure !

Minutes (combien ?) plus tard : "Hé !!! Vous allez où avec cette petite fille ? Hein, vous allez où ?". Le ton du grand type penché au dessus du Taxi Bleu semble lourd de menaces. J'ai un réflexe pas très malin de l'envoyer chier et, une poignée de secondes après, assez de sursaut d'intelligence pour comprendre le caractère protecteur de son intervention. J'ai sorti le Press-Book de Naomie, expliqué Tchimbamba PN 242, le Festival à venir… Et j'ai félicité ce grand type, l'ai sincèrement remercié. Ouais, c'est comme ça ! Que veux-tu que j'y fasse ? Un homme blanc, une petite fille noire… Dans certains regards exposés aux clichés, hélas et sans doute parfois réalités, cela ne peut-être qu'un crime pervers contre l'enfance. Quoi ? Bien sûr que ça m'a foutu un coup en dedans ! Mais j'ai donc remercié ce grand type avec, malgré tout, le sentiment en moi qu'il était triste d'imaginer le monde ainsi. J'ai par bonheur un autre regard sur le monde, sur l'enfance et les hommes. Sans doute suis-je trop naïf. Et puis que sais-je du Congo ? Je sais au moins le Marché de Tchimbamba où nous nous arrêtons au retour, offrir des crèmes glacées aux vendeuses de foufou et aller, comme d'habitude, embrasser Maman Christine, cette très vieille femme qui boit du Coca Cola en vendant ses poissons salés…

Te parler du dimanche à 15 heures. Oui. Sauf que. Naomie est toujours à l'église alors j'attends. Pariss Akwaba est au Culte de prières alors j'attends… Personne n'est là sauf Dieu qui est partout ! Si je crois en l'humanité - et c'est déjà pas si mal - je ne crois pas en Dieu et les Congolais semblent avoir pitié que je ne puisse pas croire un strict minimum en lui. Qu'il existe ou non, la première répétition est euh, comment dire, bref, passons : Ca va pas être simple ! Surtout qu'hier, mon frère Laurent, qui passait par hasard, a entendu Naomie rire et chanter m'a confié : "Là, j'le sens pas, vraiment j'le sens pas"… Merci frangin ! Ca me rassure ! Bon, j'ai au moins une belle affiche de concert que Naz a déposé dans ma box mail...

J'ai des rendez-vous de toutes sortes comme s'il en pleuvait, du travail par dessus la tête et le temps me file de plus en plus entre les doigts. C'est souvent ainsi quand ça toc "comme ça" à ma porte. Ah non ! Pas le temps aujourd'hui ! Naomie n'a rien dit, Naomie ne dit rien. Et c'est sans rien dire qu'elle passe (le balai puis la serpillère), qu'elle vide (la poubelle), qu'elle range (le bureau), qu'elle nettoie (mon grand sac Adidas) ! Moi, un peu plus tard, je prépare (des pâtes avec du parmesan), je coupe (quelques morceaux de poulet), je pense (et je dis) : "Bon reste à déjeuner avec Laurent et moi si tu veux !". Notre charmant déjeuner à trois à peine terminé : "Je veux chanter mes chansons !" . Il y a comme une sorte d'urgence dans la voix légère de Naomie, un truc qui serait plus urgent que mon travail ! Franchement, j'aime sa motivation. Chanter, voilà une chose suffisamment importante pour que mon travail attende patiemment la nuit…

La nuit est aussi courte que le réveil est brutal. Peu dormi. Mais à soulever les paupières lourdes on voit parfois des jours où tout semble sourire, des matins et des midis comme ça. Matin à la maison et sur la même longueur d'ondes avec Sam, l'intendant des Diables Rouges et Kamel Djahour le sélectionneur pour un film sur le chemin qui mène au Brésil, matin encore au téléphone avec Total EP Congo pour un autre film, midi pareil autour d'un café à la Citronnelle avec Jean Yves, de SOCO International Africa Region, à qui je remet un DVD de présentation de Tchimbamba PN 242. Jean Yves semble optimiste pour un éventuel partenariat. Dans ce jour où tout semble sourire, dans ces matins et midis comme ça, faut-il qu'en moi même je me dise qu'au final Dieu existe peut-être ?

A suivre

Par Philippe Edouard

Voir la bande annonce de Tchimbamba PN 242 : Ici
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www.pagesafrik.info le rendez-vous des stars

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