L’appel au changement de constitution fait devant le chef de l’Etat, le 22 mars dernier, à Dolisie, par les cadres de la majorité présidentielle, originaires du département du Niari, ne cesse de défrayer la chronique dans la capitale de l’or vert. Au-delà de l’étonnement qu’elle a suscité, cette annonce, au demeurant, n’a pas fait l’unanimité au sein des populations, mais plutôt ravivé les divergences entre fils et filles du département.
Le débat a gagné la rue et les commentaires fusent, pour condamner l’attitude de certains cadres de la majorité présidentielle qui veulent simplement plaire au chef de l’Etat, en donnant l’impression qu’ils peuvent soumettre les populations de ce département à leur volonté. Loin s’en faut.
«Face à l’enthousiasme, il faut savoir raison garder!». Ce titre de l’éditorial de La Semaine Africaine, paru dans le n°3318 du 25 mars 2014, est très édifiant et devrait interpeller le chef de l’Etat, sur la façon de faire de certains cadres politiques qui pensent qu’ils peuvent décider du destin de tout un département.
La démocratie ne peut être bénéfique que si elle est aussi le ferment indispensable à l’éclosion des valeurs d’amour, de tolérance, d’humilité et de solidarité. Le département du Niari qui, comme d’autres départements du pays, a connu les affres des violences armées, à cause de la politique, entend préserver la paix reconquise au prix d’énormes difficultés.
Sans donner de leçons à tous ceux qui ont des charges publiques au niveau national et local, nous croyons qu’il est urgent de replacer le dialogue, la concertation et la modestie au centre des pratiques quotidiennes. Les querelles interminables entre cadres, les trafics d’influences et autres intimidations constituent, à n’en point douter, une bombe qui pourrait, sans que personne n’en mesure l’ampleur, provoquer des dégâts immenses à la paix et à l’unité des fils et filles du département.
Le Niari n’est ni un dîner de gala, encore moins une belle dame à convoiter. C’est un département qui se relève d’une longue agonie depuis des années et qu’il faut délicatement accompagner, pour qu’il retrouve ses lettres de noblesse.
Ainsi, au-delà des prises de position des cadres politiques, il y a lieu de toujours se soucier de ne pas remettre en cause la paix et l’unité retrouvées. Si les cadres de la majorité présidentielle, ressortissants du Niari, souhaitent un changement de constitution, il y a lieu qu’ils le demandent en leur nom propre, car c’est leur choix à eux et non celui de toutes les populations du département, dans leur diversité.
Or, en s’arrogeant le droit, voire le pouvoir de parler au nom des populations de tout le département, les cadres de la majorité présidentielle ont suscité un climat délétère inutile, car tout le monde ne pense pas comme eux. Y remédier au plus vite et sans faux-fuyant ni orgueil, est un devoir auquel il conviendrait de se soumettre. Il est bien possible de convaincre les autres. Mais pour cela, il faut apprendre à travailler ensemble, en harmonie et en complémentarité, pour que gagnent seuls, le Niari et le Congo.
Aujourd’hui, l’on s’interroge sur le courage de ces cadres de vouloir parler au nom du département, sans en avoir reçu mandat ni quitus de la population, comme s’ils en avaient le monopole et le destin. La décision de demander le changement de constitution apparaît donc, aux yeux de la population, comme un faux-fuyant, une sorte de manœuvre destinée à empêcher de dire au président de la République la vérité sur les préoccupations sociales auxquelles il peut apporter des solutions, à la grande joie des populations. Il ne sert à rien de précipiter les choses.
Aujourd’hui, dans les rues de Dolisie, on s’interroge. Mais, à vrai dire, aux yeux de certains observateurs, cette décision n’a pas vraiment surpris, quand on sait la détermination et la volonté qui animent certains cadres du département du Niari, à l’origine de cette initiative. Ils auraient mieux fait de laisser ceux qui sont réellement connus comme sages, dans la diversité des districts qui composent le département, s’exprimer devant le chef de l’Etat et présenter leurs vœux. On aurait compris. Mais de voir les hautes autorités nationales (parlementaires, ministres, etc) prendre la place des sages, sous prétexte qu’ils sont ressortissants de ce département, et présenter une préoccupation qui n’a jamais fait au préalable l’objet d’un consensus, est une opération qui ne peut que susciter des controverses, comme on le voit aujourd’hui. «Il n’y a pas à faire avaler le point de vue d’un groupe de personnes à tout un département. Le président devrait, plutôt, se méfier d’eux», a lâché un habitant, surpris en plaine conversation. A un autre de s’exclamer: «Ceux qui parlent au nom du département, qu’ont-ils déjà fait pour lui, au point de vouloir s’en accaparer? Ils ont, simplement semé les divisions. D’ailleurs, ils ne sont même pas écoutés et leurs voix ne pèsent pas dans l’opinion». Un autre de renchérir, plus loin: «Ces gens qui parlent au nom de tout le Niari devraient, plutôt, commencer par soigner leur image. Si on ne dit pas au président les maux qui minent notre département, à qui les dira-t-on? Ceux qui sont au gouvernement et aux postes de responsabilité ont-ils réglé ces problèmes? C’est de la démagogie».
Au-delà de la polémique, il faut souhaiter que ces cadres qui ont parlé et qui sont des parlementaires et des ministres, feront la même proposition dans les chambres du parlement et au gouvernement, s’ils sont réellement sincères avec le président de la République.
Cyr Armel
YABBAT-NGO
«Face à l’enthousiasme, il faut savoir raison garder!». Ce titre de l’éditorial de La Semaine Africaine, paru dans le n°3318 du 25 mars 2014, est très édifiant et devrait interpeller le chef de l’Etat, sur la façon de faire de certains cadres politiques qui pensent qu’ils peuvent décider du destin de tout un département.
La démocratie ne peut être bénéfique que si elle est aussi le ferment indispensable à l’éclosion des valeurs d’amour, de tolérance, d’humilité et de solidarité. Le département du Niari qui, comme d’autres départements du pays, a connu les affres des violences armées, à cause de la politique, entend préserver la paix reconquise au prix d’énormes difficultés.
Sans donner de leçons à tous ceux qui ont des charges publiques au niveau national et local, nous croyons qu’il est urgent de replacer le dialogue, la concertation et la modestie au centre des pratiques quotidiennes. Les querelles interminables entre cadres, les trafics d’influences et autres intimidations constituent, à n’en point douter, une bombe qui pourrait, sans que personne n’en mesure l’ampleur, provoquer des dégâts immenses à la paix et à l’unité des fils et filles du département.
Le Niari n’est ni un dîner de gala, encore moins une belle dame à convoiter. C’est un département qui se relève d’une longue agonie depuis des années et qu’il faut délicatement accompagner, pour qu’il retrouve ses lettres de noblesse.
Ainsi, au-delà des prises de position des cadres politiques, il y a lieu de toujours se soucier de ne pas remettre en cause la paix et l’unité retrouvées. Si les cadres de la majorité présidentielle, ressortissants du Niari, souhaitent un changement de constitution, il y a lieu qu’ils le demandent en leur nom propre, car c’est leur choix à eux et non celui de toutes les populations du département, dans leur diversité.
Or, en s’arrogeant le droit, voire le pouvoir de parler au nom des populations de tout le département, les cadres de la majorité présidentielle ont suscité un climat délétère inutile, car tout le monde ne pense pas comme eux. Y remédier au plus vite et sans faux-fuyant ni orgueil, est un devoir auquel il conviendrait de se soumettre. Il est bien possible de convaincre les autres. Mais pour cela, il faut apprendre à travailler ensemble, en harmonie et en complémentarité, pour que gagnent seuls, le Niari et le Congo.
Aujourd’hui, l’on s’interroge sur le courage de ces cadres de vouloir parler au nom du département, sans en avoir reçu mandat ni quitus de la population, comme s’ils en avaient le monopole et le destin. La décision de demander le changement de constitution apparaît donc, aux yeux de la population, comme un faux-fuyant, une sorte de manœuvre destinée à empêcher de dire au président de la République la vérité sur les préoccupations sociales auxquelles il peut apporter des solutions, à la grande joie des populations. Il ne sert à rien de précipiter les choses.
Aujourd’hui, dans les rues de Dolisie, on s’interroge. Mais, à vrai dire, aux yeux de certains observateurs, cette décision n’a pas vraiment surpris, quand on sait la détermination et la volonté qui animent certains cadres du département du Niari, à l’origine de cette initiative. Ils auraient mieux fait de laisser ceux qui sont réellement connus comme sages, dans la diversité des districts qui composent le département, s’exprimer devant le chef de l’Etat et présenter leurs vœux. On aurait compris. Mais de voir les hautes autorités nationales (parlementaires, ministres, etc) prendre la place des sages, sous prétexte qu’ils sont ressortissants de ce département, et présenter une préoccupation qui n’a jamais fait au préalable l’objet d’un consensus, est une opération qui ne peut que susciter des controverses, comme on le voit aujourd’hui. «Il n’y a pas à faire avaler le point de vue d’un groupe de personnes à tout un département. Le président devrait, plutôt, se méfier d’eux», a lâché un habitant, surpris en plaine conversation. A un autre de s’exclamer: «Ceux qui parlent au nom du département, qu’ont-ils déjà fait pour lui, au point de vouloir s’en accaparer? Ils ont, simplement semé les divisions. D’ailleurs, ils ne sont même pas écoutés et leurs voix ne pèsent pas dans l’opinion». Un autre de renchérir, plus loin: «Ces gens qui parlent au nom de tout le Niari devraient, plutôt, commencer par soigner leur image. Si on ne dit pas au président les maux qui minent notre département, à qui les dira-t-on? Ceux qui sont au gouvernement et aux postes de responsabilité ont-ils réglé ces problèmes? C’est de la démagogie».
Au-delà de la polémique, il faut souhaiter que ces cadres qui ont parlé et qui sont des parlementaires et des ministres, feront la même proposition dans les chambres du parlement et au gouvernement, s’ils sont réellement sincères avec le président de la République.
Cyr Armel
YABBAT-NGO
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