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« André Okombi Salissa ne sait pas lire l’heure… »

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Paris, (Starducongo.com) - Comment cela est-il possible, alors qu’il est ingénieur formé dans l’ex-Union Soviétique ? Il a passé quinze ans au gouvernement de 1997 à 2012. Député de son état, il est membre du bureau politique du PCT et une personnalité influente de la majorité présidentielle.
« André Okombi Salissa ne sait pas lire l’heure… »
Il est surtout président du CADD-MJ (Comité d’action pour la défense de la démocratie-mouvement de jeunesse) qu’il préside depuis 1993. Il s’agit de milliers de jeunes qui se sont transformés en miliciens « Cobras » aux côtés du général Denis Sassou-Nguesso durant la guerre civile de 1997.

Pourquoi Okombi Salissa, malgré toutes ces distinctions ne sait-il pas lire l’heure ?

Le vendredi 6 juin 2014, un collectif d’associations des congolais de France, dont l’identité n’a pas été déclinée, a pris l’initiative de se concerter sur la situation sociale et politique au Congo-Brazzaville. A l’issue des discussions, selon ces associations, il a été jugé nécessaire de dialoguer avec Okombi Salissa, afin qu’il les édifie sur ses prises de position politique et sur le rôle qu’il entend jouer dans l’avenir du Congo. Le chef du CADD-MJ a répondu favorablement à cette invitation autour du thème : « Le Congo, les Congolais et l’avenir ».

Un appel a donc été lancé aux membres exécutifs des dites associations « Fantômes » et à toute personne qui souhaitait y prendre part. Un rendez-vous a donc été fixé au 6 juin 2014 de 17h à 20h à l’hôtel Crowne Plaza à Paris.

La diaspora congolaise de France préoccupée par l’avenir de leur pays a répondu présente à cette invitation, et dès 17h, la salle de conférence de l’hôtel Crowne Plaza grouille de monde. Mais après plus de deux heures d’attente, Okombi Salissa n’apparaît pas. Devant l’absence d’informations et surtout le silence des organisateurs, des réactions et des commentaires fusent dans l’assistance. Les Congolais qui sont dotés d’un sens prononcé de la formule s’en donnent à cœur joie :
« Okombi Salissa ne sait pas lire l’heure ? »
« Les organisateurs pourraient tout de même communiquer… »
« Que signifie ce mutisme qui tourne au malaise ?... »
« Plus de deux heures d’attente, c’est un record du monde ! »
« La salle a été payée, ils ont de l’argent à jeter par les fenêtres… »
« Pour qui se prend-t-il, ce chef de miliciens Cobra ?
»

Aucune réponse n’arrivant pour apaiser ces interrogations, plusieurs membres de l’assistance décident de s’en aller. Malgré cela, les organisateurs restent muets. Quand on sait que la plupart des membres de la communauté congolaise de France travaillent, ont des responsabilités familiales et que plusieurs habitent la banlieue parisienne voire la province, ce mutisme des organisateurs exaspère l’assistance.

Quels enseignements, tirer de cette aventure ?

En nous rendant à Brazzaville, dans une ambassade bien renseignée sur tout ce qui se passe au Congo, il nous a été dit au sujet d’Okombi Salissa : « Il lui suffit de claquer des doigts pour que des milliers de miliciens surgissent, armés jusqu’aux dents. » Nous aurions souhaité poser deux questions à Okombi Salissa :
La première : Que sont devenus ces milliers de jeunes miliciens, quel est leur avenir, quel est leur destin ? Ont-ils été reclassés ?
La seconde : A quel moment de sa carrière politique s’est-il converti à la démocratie ? Car, il ne peut nier, qu’il ressemble comme un jumeau aux dirigeants politiques congolais actuels.

Celui qui a accédé au pouvoir par les armes, au mépris des principes démocratiques et qui a obtenu ses galons ministériels au prorata du nombre de miliciens sous son contrôle, n’a pas encore assimilé, que depuis 1992, c’est le peuple Congolais qui détient le pouvoir. C’est à l’issue d’élections libres, transparentes et démocratiques que le peuple transfère provisoirement ce pouvoir à ses représentants. Le mépris affiché le 6 juin 2014 à l’égard des Congolais de la diaspora, démontre à quel point, celui qui prétend être une alternative à Sassou-Nguesso en 2016 a encore un niveau d’apprenti, non requis pour accéder à la magistrature suprême. L’unique aptitude, à ce jour, qui lui colle à la peau comme un timbre, c’est d’avoir été un éminent chef de guérilla urbaine en 1997. Au regard de cette distinction, il n’apparait pas comme un partisan ni un avocat de la démocratie. Avant de gloser sur l’avenir du peuple Congolais, il devrait avant tout se préoccuper du sien, qui semble pour le moment très flou.

Nous avons suivi par un média, l’essentiel de sa communication du 6 juin 2014. Une communication qui a été un réquisitoire cinglant contre un pouvoir, dont il est l’un des principaux architectes. Ce contenu oratoire a été quasiment ennuyeux, dans la mesure où, les Congolais connaissent et maîtrisent mieux que lui les thématiques évoquées. Les Congolais de diaspora attendaient de lui des propositions concrètes, or, sur ce point, le chef Cobra le plus redoutable durant la guerre civile de 1997, qui a infligée un coup fatal au processus démocratique, a rendu une copie vide. L’absence de propositions, signifie que les Congolais n’ont rien à attendre, d’un dirigeant politique inachevé, fabriqué à la hâte, dans un moment trouble de l’histoire politique de notre pays.

Appolinaire NGOLONGOLO
Journaliste, écrivain.

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