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Mungul Diaka : " Kabila doit nommer le Premier ministre en fonction de sa vision politique "

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Bernardin Mungul Diaka alias " Ya Mungul ", " Kiwuta ". Les Kinois se souviennent encore de leur ancien gouverneur comme si c’était hier. " L’homme des situations difficiles " n’était pas seulement le patron de la ville de Kinshasa. Il fut aussi, autrefois, Premier ministre, ministre d’Etat et ministre. A partir de sa tombe, " Ya Mungul " s’invite au débat sur la nomination du nouveau Gouvernement dit de cohésion nationale en RDC. Il offre aux Congolais sa lecture de la situation sur la reconduction ou non de Matata Ponyo en qualité de chef du Gouvernement. Partant de l’époque du maréchal Mobutu, il évoque d’autres éléments qui entrent en ligne de compte dans ce genre de tractations.
Mungul Diaka :
" Ya Mungul ", l’actualité en RDC demeure marquée par l’attente, depuis près d’un an, du Gouvernement de cohésion nationale. Pensez-vous, si vous étiez à la place de Joseph Kabila, qu’il faille reconduire le Premier ministre Augustin Matata Ponyo ?
Vous savez, dans ce genre d’opération, on ne tient pas seulement compte de la donne intérieure. C’est-à-dire le président de la République ne doit pas se limiter à ne considérer que la volonté de ses partenaires politiques. Pour moi, Kabila doit nommer le Premier ministre en fonction de sa vision politique. Cela veut dire qu’il doit tenir compte de la donne internationale surtout en ce moment où l’on s’approche de l’échéance 2016. Faut-il réviser ou changer la Constitution ? Cela ne se décide pas au pays, vu que les USA s’impliquent dans l’affaire. Généralement, la réponse à cette question dépend des contacts ou négociations avec les puissances occidentales. Et lorsque ces puissances semblent jeter leur dévolu pour la Primature, il ne faut pas les prendre à contrepied. Car, une lecture biaisée est souvent fatale lorsqu’on est au pouvoir parce qu’on n’a pas du tout droit à l’erreur.
Voulez-vous dire que la volonté des partenaires politiques internes compte peu lorsqu’il s’agit de faire le choix d’un Premier ministre ? Pourtant, la RDC est un pays souverain.
Sur papier oui. Mais, en pratique, tout ne se déroule pas comme on le croit. Quand le maréchal Mobutu disait, à l’époque, qu’il n’était pas facile d’être le Zaïre, il savait de quoi il parlait. Lors de la période de transition sous Mobutu, en 1993-1994, Etienne Tshisekedi était le politicien le plus populaire en RDC. Mais, quand il a fallu élire un Premier ministre au HCR-PT, c’est Léon Kengo wa Dondo qui était passé à la demande de l’Occident. Or, sur le plan interne, tout était en faveur de Tshisekedi. Ce sont parfois de dures réalités, mais il faut faire avec. Aujourd’hui, lorsque vous voyez des pays occidentaux inviter à tout moment le Premier ministre Matata en mettant en exergue ses performances économiques réalisées au pays, c’est tout un message à décrypter. C’est comme cela qu’en cette période où la formation du nouveau Gouvernement est imminente, il se permet de s’absenter du pays. C’est dire qu’il attend déjà des garanties et qu’il pourrait, sauf changement de dernière minute, succéder à lui-même à la Primature. Remarquez qu’il a déjà été reçu aux USA, en France, maintenant il se trouve en Allemagne pour la deuxième fois. En politique, le message de l’Occident est clair.
Au sein du Gouvernement de cohésion nationale, il y aura une partie de l’Opposition et des membres de la Société civile. Ne fallait-il pas pour les opposants attendre les prochaines élections au lieu de s’empresser d’entrer dans un Gouvernement appartenant à la Majorité présidentielle ?
Vous savez, quand on fait l’opposition, on doit d’abord savoir ce que l’on veut. Car, on fait la politique pour arriver au pouvoir et il savoir saisir la perche quand la chance se présente. On ne fait pas de l’opposition à vie et quand on se rend compte qu’on n’arrive toujours pas au pouvoir, il faut savoir changer le fusil d’épaule. Si je ne l’avais pas compris à l’époque, je n’aurais pas saisi la perche pour exercer les fonctions de Premier ministre. En 1991-1992, ce poste passait pour la chasse gardée de Tshisekedi. Mais, en ma qualité de l’homme des situations difficiles, je n’ai pas hésité à prendre le poste de Premier ministre au moment où ça bardait à Kinshasa, on parlait des hiboux (des milices de Mobutu pour intimider les opposants) qui semaient la terreur dans la capitale et que les gens fuyaient pratiquement ce poste. J’ai pris les choses en mains pour calmer la situation. Les opposants qui feront partie du Gouvernement n’auront commis aucune faute. Le problème, c’est de ne pas couper le cordon avec la population en prévision des élections. C’est comme cela que les radicaux de l’opposition ratent les occasions d’arriver au pouvoir. Moi, tout en étant du côté de Mobutu, j’étais bien coté dans le camp de l’opposition et surtout par la population. Quant à la société civile, vous savez aussi bien que moi qu’elle a toujours eu une connotation politique en RDC. En fait, ce sont des politiciens encore aux vestiaires et qui n’attendent que l’occasion, eux aussi, d’arriver au pouvoir. Ce n’est pas, comme ailleurs, simplement des groupes de pression pour pousser le pouvoir à agir dans le sens des intérêts du peuple. Comprenez que certains de vos compatriotes sont aussi des hommes.
L’idéal pour les opposants ne serait pas plutôt de faire partie d’un Gouvernement d’union nationale dirigé par l’opposition au lieu d’aller grossir les rangs de la Majorité présidentielle ?
Vous dites bien l’idéal, mais parfois l’idéal on ne l’atteint pas, mais on s’en approche. Pour le cas d’espèce, à défaut d’un Gouvernement d’union nationale qui serait dirigé par l’opposition, on peut bien faire partie du Gouvernement de cohésion nationale même dirigé par la Majorité présidentielle. Retenez qu’en politique, un Gouvernement, c’est un Gouvernement quelle que soit la formulation. Et c’est au Gouvernement qu’on gère le pays et qu’on accède à certains privilèges, pour ne pas dire aux avantages que tout le monde adore. Le reste n’est que discours. J’ai été opposant avant d’arriver aux affaires, je sais donc de quoi je parle. Laissez les opposants qui le désirent entrer au Gouvernement et c’est la fin qui justifie les moyens comme on dit généralement.

M. M.

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