
Starducongo.com vous propose le troisième épisode des aventures de la jeune Naomie Makosso. Il s'agit d'un récit de voyage traçant le le quotidien de cette jeune enfant, âgée tout juste treize ans. Intitulé "TCHIMBAMBA PN 242" (Lire les épisodes précédents, cliquer ici ), ce film documentaire est réalisée par Philippe Edouard.
TCHIMBAMBA PN 242 - The story of # 3
500 Francs CFA, c'est ce que vaut le paquet de Mustang ou de Fine. Je fume beaucoup trop. Mais, sur le parking d'A.A. Neto, un seul "bâton" suffit pour faire connaissance avec Alain Mabanckou. Je ne l'avais jamais vu, je le reconnais malgré tout : Mabanckou porte toujours une casquette ! Près de lui, Caroline Blache, sa femme. Française d'origine Polonaise. Elle découvre Pointe Noire pour la première fois. J'écris Pointe Noire mais tu peux aussi bien dire Ponton La Belle, Ponta Negra ou encore Ndjindji, c'est pareil et comme tu veux. Sur ce parking d'aéroport, pour accueillir les amoureux (aux gueules bien sympathiques) : Eric Girard Miclet, directeur de l'Institut Français Culturel, et Pauline Pétesh - qui travaille avec lui. Voilà, c'est fait. Come back au pays stocké dans le disque dur de la caméra. Pauline a chargé les bagages à l'arrière du Pick Up Toyota. C'est donné : Rendez-vous à plus tard, dans le milieu de l'après-midi.
C'est plus tard. Juste avant le milieu de l'après-midi : J'aperçois par hasard Naomie dans la ruelle. Il y a une dizaine de mètres qui nous sépare encore et une seconde ou deux ou trois de silence. Un silence qui en dit long et qui n'en pense pas moins. Silence où elle et moi taisons la joie de nous revoir. Je réponds : " Oui, je suis revenu ". On se croirait au mois de mars dernier, elle et moi encore étrangers l'un à l'autre, alors nous échangeons des mots ordinaires : " Oui, je vais bien " me répond-elle. Je cherche l'heure sur mon téléphone. Moi : " Je suis pressé, il faut que je bouge. Mais je crois bien avoir quelques surprises pour toi, je passerai dans la soirée ". Et puis je bouge, vitres baissées. A respirer les couleurs de la rue, les klaxons à tout va, les sonos criardes des bars… C'est une ville bruyante : J'aime assez ! Là, c'est le Rond-Point Kassaï. Centre Ville. Je retrouve Sasha à l'Institut Français. Alain et Caroline. Question de briefing : " C'est quand qu'on va où " ?
Je pousse pour la première fois la tôle ondulée qui ouvre sur la parcelle. Comme tous les soirs de l'année, le soleil est tombé sur les coups de dix huit heures. Derrière la tôle ondulée, j'avais imaginé une seule famille. Dans la cour faiblement éclairée je compte huit maisons en planches, autant de familles. Du linge partout sur les fils tendus. Des marmites ici et là sous les foyers (le charbon à surveiller). Des bassines et un puits. Des poules et des coqs. Des arbres pour faire de l'ombre et des mangues, pour faire des noix de coco ou de palme, avocats ou bananes. Ici, il y a un chef : Mama Céline ! Elle est la propriétaire de la parcelle. Elle est la grand-mère de Naomie. Autour du chef il y a l'enfance. Combien d'enfants ? Plein d'enfants ! Je reconnais Yaviche, Kelly, Paule-Grace, Pétronie… Hum, je ne vais pas vider comme ça mes deux fois vingt trois kilos " full of surprises" d'un seul coup. Je donne : Un peu mais pas tout. " Oui, promis, demain ou après-demain ". Je reviendrai.
Dans l'ombre de Mabanckou, le temps me file entre les doigts : Conférence de presse, lectures publiques, rencontre avec de jeunes écrivains… Et je filme. A force d'entendre dire " le courant est parti " je charge précieusement les batteries dès que je peux. Parfois, je le vois partir. Au quartier c'est pareil, le courant est parti. Dans la parcelle, au choix : Bougies ou lampe tempête. Je passe un peu tous les soirs voir les enfants et je donne : Toujours un peu, mais jamais tout. Le courant passe : Entre la parcelle et moi. Le jour, je cours la ville océane avec Mabanckou, sur les pas de son enfance : Tié-Tié et la rue Louboulou, l'ancien cinéma Rex, l'hôtel Victory Palace, le collège les 3 glorieuses, le lycée Victor Augagneur, la Côte Sauvage, le quartier 300 cents… Trois cents ? Ouais, c'était le prix d'une passe avec une jolie Zaïroise dans les années 70 ! C'est ce que j'apprends.
Moteur, on coupe : Chargés d'émotions, Alain et Caroline partent déjà demain. J'aimais bien leur côté rock"& roll. Il me manque de n'avoir pas pu creuser un peu plus les images avec eux. Mais au Bénin, Cotonou les attend. C'est la fin de la semaine. Il y a des garçons qui "football" un ballon crevé dans la ruelle. Je prends le temps d'une Ngok glacée et d'une Fine verte derrière la tôle ondulée. J'aime vraiment beaucoup l'endroit. Mama Céline me dit de venir manger demain soir la Mwambe à la parcelle. Elle me le dit tellement fort que ça m'oblige à répondre euh… oui. Tu connais la Mwambe ?
A suivre.
Par Philippe Edouard
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TCHIMBAMBA PN 242 - The story of # 3
500 Francs CFA, c'est ce que vaut le paquet de Mustang ou de Fine. Je fume beaucoup trop. Mais, sur le parking d'A.A. Neto, un seul "bâton" suffit pour faire connaissance avec Alain Mabanckou. Je ne l'avais jamais vu, je le reconnais malgré tout : Mabanckou porte toujours une casquette ! Près de lui, Caroline Blache, sa femme. Française d'origine Polonaise. Elle découvre Pointe Noire pour la première fois. J'écris Pointe Noire mais tu peux aussi bien dire Ponton La Belle, Ponta Negra ou encore Ndjindji, c'est pareil et comme tu veux. Sur ce parking d'aéroport, pour accueillir les amoureux (aux gueules bien sympathiques) : Eric Girard Miclet, directeur de l'Institut Français Culturel, et Pauline Pétesh - qui travaille avec lui. Voilà, c'est fait. Come back au pays stocké dans le disque dur de la caméra. Pauline a chargé les bagages à l'arrière du Pick Up Toyota. C'est donné : Rendez-vous à plus tard, dans le milieu de l'après-midi.
C'est plus tard. Juste avant le milieu de l'après-midi : J'aperçois par hasard Naomie dans la ruelle. Il y a une dizaine de mètres qui nous sépare encore et une seconde ou deux ou trois de silence. Un silence qui en dit long et qui n'en pense pas moins. Silence où elle et moi taisons la joie de nous revoir. Je réponds : " Oui, je suis revenu ". On se croirait au mois de mars dernier, elle et moi encore étrangers l'un à l'autre, alors nous échangeons des mots ordinaires : " Oui, je vais bien " me répond-elle. Je cherche l'heure sur mon téléphone. Moi : " Je suis pressé, il faut que je bouge. Mais je crois bien avoir quelques surprises pour toi, je passerai dans la soirée ". Et puis je bouge, vitres baissées. A respirer les couleurs de la rue, les klaxons à tout va, les sonos criardes des bars… C'est une ville bruyante : J'aime assez ! Là, c'est le Rond-Point Kassaï. Centre Ville. Je retrouve Sasha à l'Institut Français. Alain et Caroline. Question de briefing : " C'est quand qu'on va où " ?
Je pousse pour la première fois la tôle ondulée qui ouvre sur la parcelle. Comme tous les soirs de l'année, le soleil est tombé sur les coups de dix huit heures. Derrière la tôle ondulée, j'avais imaginé une seule famille. Dans la cour faiblement éclairée je compte huit maisons en planches, autant de familles. Du linge partout sur les fils tendus. Des marmites ici et là sous les foyers (le charbon à surveiller). Des bassines et un puits. Des poules et des coqs. Des arbres pour faire de l'ombre et des mangues, pour faire des noix de coco ou de palme, avocats ou bananes. Ici, il y a un chef : Mama Céline ! Elle est la propriétaire de la parcelle. Elle est la grand-mère de Naomie. Autour du chef il y a l'enfance. Combien d'enfants ? Plein d'enfants ! Je reconnais Yaviche, Kelly, Paule-Grace, Pétronie… Hum, je ne vais pas vider comme ça mes deux fois vingt trois kilos " full of surprises" d'un seul coup. Je donne : Un peu mais pas tout. " Oui, promis, demain ou après-demain ". Je reviendrai.
Dans l'ombre de Mabanckou, le temps me file entre les doigts : Conférence de presse, lectures publiques, rencontre avec de jeunes écrivains… Et je filme. A force d'entendre dire " le courant est parti " je charge précieusement les batteries dès que je peux. Parfois, je le vois partir. Au quartier c'est pareil, le courant est parti. Dans la parcelle, au choix : Bougies ou lampe tempête. Je passe un peu tous les soirs voir les enfants et je donne : Toujours un peu, mais jamais tout. Le courant passe : Entre la parcelle et moi. Le jour, je cours la ville océane avec Mabanckou, sur les pas de son enfance : Tié-Tié et la rue Louboulou, l'ancien cinéma Rex, l'hôtel Victory Palace, le collège les 3 glorieuses, le lycée Victor Augagneur, la Côte Sauvage, le quartier 300 cents… Trois cents ? Ouais, c'était le prix d'une passe avec une jolie Zaïroise dans les années 70 ! C'est ce que j'apprends.
Moteur, on coupe : Chargés d'émotions, Alain et Caroline partent déjà demain. J'aimais bien leur côté rock"& roll. Il me manque de n'avoir pas pu creuser un peu plus les images avec eux. Mais au Bénin, Cotonou les attend. C'est la fin de la semaine. Il y a des garçons qui "football" un ballon crevé dans la ruelle. Je prends le temps d'une Ngok glacée et d'une Fine verte derrière la tôle ondulée. J'aime vraiment beaucoup l'endroit. Mama Céline me dit de venir manger demain soir la Mwambe à la parcelle. Elle me le dit tellement fort que ça m'oblige à répondre euh… oui. Tu connais la Mwambe ?
A suivre.
Par Philippe Edouard
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