
Armel Hervé MOUNKALA MAHICKA est diplômé de science politique et de l’ENA de France. Cadre du MCDDI, il fut conseiller au recrutement de Guy Brice Parfait KOLELAS à la fonction publique. Il a joué un rôle déterminant dans les évènements qui ont surgis en décembre 2012 dans son parti. Voici son point de vue dans l’interview qu’il nous a accordé.
Ce qui s’est passé le 21/12/12 au MCDDI était-il spontané ?
La dynamique du 21 décembre peut être qualifiée de spontanée, parce qu’elle n’était pas préparée, ni dans la forme qu’elle devait prendre, ni dans le choix de ceux qui devaient la soulever. En effet, dans son éruption immédiate, elle est la conséquence de l’arrogance du coordonnateur du MCDDI, Guy Brice Parfait KOLELAS qui a cru qu’il pouvait se substituer au président fondateur de notre parti, à nos textes et à nos militants sans que personne ne crie garde. Il a sous-estimé notre attachement à la défense de l’œuvre de Bernard KOLELAS qu’est la démocratie. Faisant fi de toutes les analyses qui convergeaient vers la solution impérative et statutaire d’organiser un congrès, niant son échec à la tête du parti qui est arrivé au bord de la disparition et surtout, redoutant le vote populaire, le coordonnateur a mis en route une convention nationale pour s’approprier le parti de force. Certains militants ont eu le sursaut de ne pas l’accompagner dans cette dictature personnelle.
Toutefois, on ne peut nier que Guy Brice Parfait KOLELAS a mis en place les conditions qui ont couvé les raisons de la colère et du soulèvement.
Quelles sont ces raisons ? Que reprochez-vous exactement à Guy Brice Parfait KOLELAS ?
De ne pas réaliser que son pouvoir personnel est un échec et qu’il est temps de revenir aux fondamentaux : les textes, la base, le congrès. Mais il a raison de craindre la sanction des militants parce qu’il a organisé la léthargie du parti, le clientélisme comme mode de gestion, la médiocrité comme seule valeur autorisée dans son entourage pour ne pas lui faire de l’ombre, l’absence de vision etc. Rendez-vous compte que le parti n’a plus de procédure d’adhésion, ne produit aucune réflexion intellectuelle, politique, sociale ou économique ; il interdit les activités des secrétaires nationaux comme la communication, la formation politique ou les prises de positions. Il aurait voulu le dissoudre qu’il ne s’en serait pas pris autrement. Il use d’un autoritarisme vide de toute assise sauf son patronyme, alors qu’il n’a ni la légitimité historique, ni le mandat, ni le charisme de Bernard KOLELAS. C’est un non sens politique. Si sa méthode nous avait conduit à des succès électoraux, on aurait pu, en congrès, modeler les textes dans le sens qu’il veut. Mais sa gouvernance est un échec total. On lui reproche donc le manque d’humilité et de prendre le MCDDI pour un bien personnel sans aucun respect pour le sang versé.
C’est dire que si vous alliez au congrès un autre aurait été élu à sa place ?
Il est vrai qu’il ne remplit pas les qualités de chef du MCDDI. Guy Brice Parfait KOLELAS n’est pas un militant. Il n’en a pas l’âme ni les réflexes ; n’en connait pas l’histoire, ni les hommes qui l’ont constitué. Pas même son père sur l’angle politique. Des années je suis resté à ses côtés, jamais je ne l’ai entendu parler ou se référer au président Bernard KOLELAS, à ce qu’il aurait appris auprès de lui ou le citer en exemple dans ses actes ou dans sa philosophie. Il connait le père, mais pas le maître. Ce n’est pas un mépris envers les enfants KOLELAS à qui on nierait le droit de faire de la politique. Euloge Landry KOLELAS est un vrai militant et j’ai été blessé qu’il ne soit pas réélu lors des dernières législatives. Il sait que je me suis battu pour qu’il y arrive. Mais pas notre frère Guy Brice Parfait KOLELAS dont la conception même de la politique, de ce qu’est un parti, du rôle des militants ou de l’Etat laisse à désirer. Il ne comprend strictement rien au MCDDI et à la politique en général.
Toutefois, je ne crois pas qu’un autre lui aurait fait concurrence dans le cas d’un éventuel congrès parce que rien n’était préparé en ce sens. Je crois plutôt qu’au congrès on aurait fixé des limites démocratiques à la fonction de chef du parti pour combler ses carences, et la composition des instances aurait mieux obéi aux aspirations populaires ainsi qu’aux impératifs stratégiques plutôt que de n’être qu’un parterre de courtisans les uns aussi médiocres et taiseux que les autres.
La rupture est-elle consommée entre les deux ailes et la réconciliation désormais impossible?
En réalité il n’y a pas de crise entre les militants du MCDDI. Il y’a seulement un monsieur qui veut confisquer le parti en s’imposant contre les textes et contre les militants. S’il recule, le parti évitera des batailles inutiles. Ce qu’il ferait s’il avait une quelconque ambition pour l’œuvre de son père. Mais si dans la balance sa soif de pouvoir l’emporte, il va se comporter en Bachar El Assad, et tentera de détruire au maximum pour essayer d’emporter le parti avec lui. Pour notre part, le congrès n’est pas négociable, et il ne peut être organisé par ces instances fabriquées à Kinkala, et composées de laquais au service des ambitions démesurées d’un seul homme.
Pourquoi avez-vous annulé les meetings de Kinkala, Brazzaville et Pointe-Noire?
Les autorisations nous ont été refusées parce que les autorités avaient de sérieuses informations sur des fauteurs de troubles dressés pour nuire à cette expression démocratique. Elles auront besoin de quelques semaines pour maitriser les troublions et leurs commanditaires et permettre que se tiennent ces rencontres d’explication. Nous sommes quotidiennement menacés par les sbires du camp de ceux qui ont bafoués nos textes. Ils arrachent nos banderoles, nous promettent la mort, menaces nos familles et nos biens, au-delà de la calomnie et des invectives qu’ils profèrent à notre endroit, faute d’arguments. Mais nous sommes sereins parce que convaincus que les autorités sécuritaires et en premier chef le Président de la République ne permettront pas que la sauvagerie politique reviennent dans ce pays. Les meetings auront bien lieu.
On parle d’une médiation intentée par Bonaventure MBAYA l’ancien ministre, monseigneur Anatole MILANDOU et des sages du Pool. Qu’en pensez-vous ?
Je vois mal ce que l’Eglise viendrait faire dans le fonctionnement normal de la vie politique d’un parti. Encore moins des personnages extérieurs à ce parti et à l’envergure bien moindre, qui cherchent sans doute un moyen de relancer leur carrière politique au point mort. C’est de la récupération. A quoi servirait d’ailleurs une médiation si non de rechercher encore une fois le moyen de sauter l’avis des militants par des arrangements de salon? Allons au congrès tout simplement et les militants trancheront.
Quelle pourra être la suite de cette crise, notamment votre positionnement aux élections locales qui pointent ?
Nous ne reculerons pas face au pouvoir personnel et anti statutaire que veut s’octroyer Guy Brice Parfait KOLELAS. Nous irons sur la voie juridique s’il le faut pour revendiquer la légitimité du parti et nous serons présents aux élections locales à ce titre, avec des candidats désignés par les militants dans leurs circonscriptions et non issus du sentimentalisme d’un chef autoproclamé comme cela est le cas présentement. Nous sommes ouverts au dialogue avec les frères qui se sont fourvoyés dans le couronnement de Kinkala. Mais tôt ou tard, ils devront faire un choix au risque d’être suspendus.
Le MCDDI survivra aux petits calculs personnels, et n’en sortira que plus grandi. J’en suis pour ma part convaincu.
Ce qui s’est passé le 21/12/12 au MCDDI était-il spontané ?
La dynamique du 21 décembre peut être qualifiée de spontanée, parce qu’elle n’était pas préparée, ni dans la forme qu’elle devait prendre, ni dans le choix de ceux qui devaient la soulever. En effet, dans son éruption immédiate, elle est la conséquence de l’arrogance du coordonnateur du MCDDI, Guy Brice Parfait KOLELAS qui a cru qu’il pouvait se substituer au président fondateur de notre parti, à nos textes et à nos militants sans que personne ne crie garde. Il a sous-estimé notre attachement à la défense de l’œuvre de Bernard KOLELAS qu’est la démocratie. Faisant fi de toutes les analyses qui convergeaient vers la solution impérative et statutaire d’organiser un congrès, niant son échec à la tête du parti qui est arrivé au bord de la disparition et surtout, redoutant le vote populaire, le coordonnateur a mis en route une convention nationale pour s’approprier le parti de force. Certains militants ont eu le sursaut de ne pas l’accompagner dans cette dictature personnelle.
Toutefois, on ne peut nier que Guy Brice Parfait KOLELAS a mis en place les conditions qui ont couvé les raisons de la colère et du soulèvement.
Quelles sont ces raisons ? Que reprochez-vous exactement à Guy Brice Parfait KOLELAS ?
De ne pas réaliser que son pouvoir personnel est un échec et qu’il est temps de revenir aux fondamentaux : les textes, la base, le congrès. Mais il a raison de craindre la sanction des militants parce qu’il a organisé la léthargie du parti, le clientélisme comme mode de gestion, la médiocrité comme seule valeur autorisée dans son entourage pour ne pas lui faire de l’ombre, l’absence de vision etc. Rendez-vous compte que le parti n’a plus de procédure d’adhésion, ne produit aucune réflexion intellectuelle, politique, sociale ou économique ; il interdit les activités des secrétaires nationaux comme la communication, la formation politique ou les prises de positions. Il aurait voulu le dissoudre qu’il ne s’en serait pas pris autrement. Il use d’un autoritarisme vide de toute assise sauf son patronyme, alors qu’il n’a ni la légitimité historique, ni le mandat, ni le charisme de Bernard KOLELAS. C’est un non sens politique. Si sa méthode nous avait conduit à des succès électoraux, on aurait pu, en congrès, modeler les textes dans le sens qu’il veut. Mais sa gouvernance est un échec total. On lui reproche donc le manque d’humilité et de prendre le MCDDI pour un bien personnel sans aucun respect pour le sang versé.
C’est dire que si vous alliez au congrès un autre aurait été élu à sa place ?
Il est vrai qu’il ne remplit pas les qualités de chef du MCDDI. Guy Brice Parfait KOLELAS n’est pas un militant. Il n’en a pas l’âme ni les réflexes ; n’en connait pas l’histoire, ni les hommes qui l’ont constitué. Pas même son père sur l’angle politique. Des années je suis resté à ses côtés, jamais je ne l’ai entendu parler ou se référer au président Bernard KOLELAS, à ce qu’il aurait appris auprès de lui ou le citer en exemple dans ses actes ou dans sa philosophie. Il connait le père, mais pas le maître. Ce n’est pas un mépris envers les enfants KOLELAS à qui on nierait le droit de faire de la politique. Euloge Landry KOLELAS est un vrai militant et j’ai été blessé qu’il ne soit pas réélu lors des dernières législatives. Il sait que je me suis battu pour qu’il y arrive. Mais pas notre frère Guy Brice Parfait KOLELAS dont la conception même de la politique, de ce qu’est un parti, du rôle des militants ou de l’Etat laisse à désirer. Il ne comprend strictement rien au MCDDI et à la politique en général.
Toutefois, je ne crois pas qu’un autre lui aurait fait concurrence dans le cas d’un éventuel congrès parce que rien n’était préparé en ce sens. Je crois plutôt qu’au congrès on aurait fixé des limites démocratiques à la fonction de chef du parti pour combler ses carences, et la composition des instances aurait mieux obéi aux aspirations populaires ainsi qu’aux impératifs stratégiques plutôt que de n’être qu’un parterre de courtisans les uns aussi médiocres et taiseux que les autres.
La rupture est-elle consommée entre les deux ailes et la réconciliation désormais impossible?
En réalité il n’y a pas de crise entre les militants du MCDDI. Il y’a seulement un monsieur qui veut confisquer le parti en s’imposant contre les textes et contre les militants. S’il recule, le parti évitera des batailles inutiles. Ce qu’il ferait s’il avait une quelconque ambition pour l’œuvre de son père. Mais si dans la balance sa soif de pouvoir l’emporte, il va se comporter en Bachar El Assad, et tentera de détruire au maximum pour essayer d’emporter le parti avec lui. Pour notre part, le congrès n’est pas négociable, et il ne peut être organisé par ces instances fabriquées à Kinkala, et composées de laquais au service des ambitions démesurées d’un seul homme.
Pourquoi avez-vous annulé les meetings de Kinkala, Brazzaville et Pointe-Noire?
Les autorisations nous ont été refusées parce que les autorités avaient de sérieuses informations sur des fauteurs de troubles dressés pour nuire à cette expression démocratique. Elles auront besoin de quelques semaines pour maitriser les troublions et leurs commanditaires et permettre que se tiennent ces rencontres d’explication. Nous sommes quotidiennement menacés par les sbires du camp de ceux qui ont bafoués nos textes. Ils arrachent nos banderoles, nous promettent la mort, menaces nos familles et nos biens, au-delà de la calomnie et des invectives qu’ils profèrent à notre endroit, faute d’arguments. Mais nous sommes sereins parce que convaincus que les autorités sécuritaires et en premier chef le Président de la République ne permettront pas que la sauvagerie politique reviennent dans ce pays. Les meetings auront bien lieu.
On parle d’une médiation intentée par Bonaventure MBAYA l’ancien ministre, monseigneur Anatole MILANDOU et des sages du Pool. Qu’en pensez-vous ?
Je vois mal ce que l’Eglise viendrait faire dans le fonctionnement normal de la vie politique d’un parti. Encore moins des personnages extérieurs à ce parti et à l’envergure bien moindre, qui cherchent sans doute un moyen de relancer leur carrière politique au point mort. C’est de la récupération. A quoi servirait d’ailleurs une médiation si non de rechercher encore une fois le moyen de sauter l’avis des militants par des arrangements de salon? Allons au congrès tout simplement et les militants trancheront.
Quelle pourra être la suite de cette crise, notamment votre positionnement aux élections locales qui pointent ?
Nous ne reculerons pas face au pouvoir personnel et anti statutaire que veut s’octroyer Guy Brice Parfait KOLELAS. Nous irons sur la voie juridique s’il le faut pour revendiquer la légitimité du parti et nous serons présents aux élections locales à ce titre, avec des candidats désignés par les militants dans leurs circonscriptions et non issus du sentimentalisme d’un chef autoproclamé comme cela est le cas présentement. Nous sommes ouverts au dialogue avec les frères qui se sont fourvoyés dans le couronnement de Kinkala. Mais tôt ou tard, ils devront faire un choix au risque d’être suspendus.
Le MCDDI survivra aux petits calculs personnels, et n’en sortira que plus grandi. J’en suis pour ma part convaincu.
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