
S'il y a quelqu'un qui aura marqué des générations en accomplissant sa mission terrestre avec amour et conviction, c'est bien Nelson Rolihlahla Mandela, né le 18 juillet 1918 à Mvezo en Afrique du Sud et décédé le 5 décembre 2013. On peut dire qu'il aura eu une existence courageuse tant sur le plan familial que politique. De lui, l'histoire retiendra, entre autres, qu'avec Oliver Tambo ils furent les deux premiers avocats noirs à Johannesburg.
Une vie consacrée à la lutte pour le peuple africain
Sur le plan politique, très tôt, inspiré par Gandhi, il prône la non-violence, face au régime d'Apartheid, et se fait élire en 1952 président de l'ANC du Transvaal et vice-président national de ce parti qu'il avait rejoint dès 1944. Il mène d'abord avec l'ANC la defiance campaign qui prône la désobéissance civile contre les lois ségrégationnistes. Cette désobéissance s'avérant improductive et les souffrances imposées au peuple majoritaire noir de son pays devenant insupportables, Nelson Mandela, n'ayant pas le choix, à l'instar des résistants français qui s'opposèrent par tous les moyens y compris par les armes et actes de terrorisme à l'occupation de la France par les nazis, abandonne la non-violence et crée en 1961 Umkhonto we Sizwe, en abrégé MK, la branche militaire de l'ANC. C'est par le biais de celle-ci que Mandela et ses collègues de toutes ethnies ainsi que des amis étrangers mèneront une lutte radicale et légitime face au gouvernement négrier de Pretoria. Dans ce combat, trahit par la CIA il fut arrêté en clandestinité et fut condamné le 12 juin 1964 lors du procès de Rivonia pour complot visant à renverser le gouvernement et deux cents actes de terrorisme. A l'issue de ce procès, le futur prix Nobel de la paix dira : « Toute ma vie je me suis consacré à la lutte pour le peuple africain. J'ai combattu contre la domination blanche et j'ai combattu contre la domination noire...Mais, si besoin est, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »
Pour une politique de réconciliation et de discrimination positive
Pourtant, après 27 ans de prison, la terre entière a donné raison à sa lutte, fut-elle armée. Ironie du sort, ce sont les mêmes nations qui commerçaient jadis avec le régime d'Apartheid qui, par leurs médias aux ordres, ont porté le Leader africain au firmament d'une popularité planétaire sans pareil. Élu président de la république en 1994, il prônera au plan interne une politique de réconciliation et la discrimination positive visant une meilleure représentation de la majorité noire dans les différents secteurs économiques ayant permis la création d'une classe moyenne noire d'environ 2 millions de personnes pour un total de 40 millions d'habitants. La perfection n'étant pas de ce monde, il lui sera reproché, par exemple, le fait de ne pas s’être représenté à la présidence de la république pour un 2ème mandat ou encore l'accaparement encore en 1999, année de la fin de son mandat, de 80 pour cent des terres par les Blancs.
Au-delà de son pays, tout un continent avait espéré en cette Afrique du Sud puissante et libre pour prêter main-forte aux autres nations africaines encore en quête de liberté effective. Mais, disons-le, la longueur de la lutte pour la liberté en Afrique du Sud aura contenu l'essentiel des forces du leader charismatique. Et, le bon sens suppose que : « La bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu'elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu'elle n'a pas. »
Thabo Mbeki tente la mise en échec des prédations en Afrique
C'est donc son successeur Thabo Mbeki qui se collera à la tâche de mise en échec des turpides criminelles et autres prédations de certaines nations extra-continentales en Afrique. Cependant, le temps qui lui était imparti, de 1999 à 2008, ne lui aura pas permis d'influer concrètement au-delà de l'Afrique Australe, c'est-à-dire des pays de la SADC. Qu'à cela ne tienne : dès 2005, le président Thabo Mbeki s'était opposé à la tentative de coup d'Etat en Côte-d'Ivoire contre le régime constitutionnel du président Laurent Gbagbo, s'étonnant de la présence dans ce pays de milliers de soldats étrangers qu'il qualifia « d'armée d'occupation. » Actuellement, le successeur de Thabo Mbeki, Jacob Zuma, peine à s'impliquer au-delà des frontières de son pays pour faire échec aux intérêts obscurs.
Kwame Nkrumah, Nasser, Nyerere trahis. Marien Ngouabi, Samora Machel, Thomas Sankara, Moshood Abiola,...assassinés. Kadhafi, lâchement éliminé pour faire main basse sur le pétrole libyen. Les présidents Sidi Ould Cheikh Abdallahi en Mauritanie, Amani Toumani Touré au Mali, Pascal Lissouba au Congo ou encore Ange Patassé en Centrafrique ont été renversés. Les leaders Jean-Pierre Fabre au Togo, Placido Mico, unique député de l'opposition en Guinée Equatoriale, Ngarjely Yorongar pour le Tchad, Etienne Tshisékedi wa Mulumba pour la RDC, et bien d'autres embastillés, séquestrés ou contraints à l'exil. En Egypte, Mohamed Morsi, élu démocratiquement a été renversé et emprisonné. Le Cameroun, le Gabon et le Burkina Faso sont fermés. François Bozizé, chassé du pouvoir en Centrafrique par une rébellion. Le Nigeria du président Goodluck Jonathan est désormais dans la nacelle islamiste. Au Maghreb, le « Printemps arabe » aura été un leurre. La république démocratique du Congo, morcelée, pillée et mise à feu et à sang en présence de 20.000 soldats de l'Onu. Résultat : 10 millions de morts et des millions de femmes violées dans une indifférence caractérisée…
Il y a urgence de la reprise du flambeau de Madiba
Il y a urgence, pour la terre africaine, et dans son strict intérêt, que des vrais leaders parviennent à la reprise du flambeau de Madiba, pour porter loin l'idéal africain d'indépendance et de vie qui demeure intact. Une certitude, l'espoir que Nelson Mandela laisse en héritage aux africains et à tous les peuples vivra. Car, à l'instar du « térébinthe et du chêne qui conservent leur tronc quand ils sont abattus » comme le stipule la Sagesse divine, un germe reprendra à coup sûr le flambeau.
Franck CANA
Écrivain progressiste
Une vie consacrée à la lutte pour le peuple africain
Sur le plan politique, très tôt, inspiré par Gandhi, il prône la non-violence, face au régime d'Apartheid, et se fait élire en 1952 président de l'ANC du Transvaal et vice-président national de ce parti qu'il avait rejoint dès 1944. Il mène d'abord avec l'ANC la defiance campaign qui prône la désobéissance civile contre les lois ségrégationnistes. Cette désobéissance s'avérant improductive et les souffrances imposées au peuple majoritaire noir de son pays devenant insupportables, Nelson Mandela, n'ayant pas le choix, à l'instar des résistants français qui s'opposèrent par tous les moyens y compris par les armes et actes de terrorisme à l'occupation de la France par les nazis, abandonne la non-violence et crée en 1961 Umkhonto we Sizwe, en abrégé MK, la branche militaire de l'ANC. C'est par le biais de celle-ci que Mandela et ses collègues de toutes ethnies ainsi que des amis étrangers mèneront une lutte radicale et légitime face au gouvernement négrier de Pretoria. Dans ce combat, trahit par la CIA il fut arrêté en clandestinité et fut condamné le 12 juin 1964 lors du procès de Rivonia pour complot visant à renverser le gouvernement et deux cents actes de terrorisme. A l'issue de ce procès, le futur prix Nobel de la paix dira : « Toute ma vie je me suis consacré à la lutte pour le peuple africain. J'ai combattu contre la domination blanche et j'ai combattu contre la domination noire...Mais, si besoin est, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »
Pour une politique de réconciliation et de discrimination positive
Pourtant, après 27 ans de prison, la terre entière a donné raison à sa lutte, fut-elle armée. Ironie du sort, ce sont les mêmes nations qui commerçaient jadis avec le régime d'Apartheid qui, par leurs médias aux ordres, ont porté le Leader africain au firmament d'une popularité planétaire sans pareil. Élu président de la république en 1994, il prônera au plan interne une politique de réconciliation et la discrimination positive visant une meilleure représentation de la majorité noire dans les différents secteurs économiques ayant permis la création d'une classe moyenne noire d'environ 2 millions de personnes pour un total de 40 millions d'habitants. La perfection n'étant pas de ce monde, il lui sera reproché, par exemple, le fait de ne pas s’être représenté à la présidence de la république pour un 2ème mandat ou encore l'accaparement encore en 1999, année de la fin de son mandat, de 80 pour cent des terres par les Blancs.
Au-delà de son pays, tout un continent avait espéré en cette Afrique du Sud puissante et libre pour prêter main-forte aux autres nations africaines encore en quête de liberté effective. Mais, disons-le, la longueur de la lutte pour la liberté en Afrique du Sud aura contenu l'essentiel des forces du leader charismatique. Et, le bon sens suppose que : « La bonne volonté, quand elle existe, est agréable en raison de ce qu'elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu'elle n'a pas. »
Thabo Mbeki tente la mise en échec des prédations en Afrique
C'est donc son successeur Thabo Mbeki qui se collera à la tâche de mise en échec des turpides criminelles et autres prédations de certaines nations extra-continentales en Afrique. Cependant, le temps qui lui était imparti, de 1999 à 2008, ne lui aura pas permis d'influer concrètement au-delà de l'Afrique Australe, c'est-à-dire des pays de la SADC. Qu'à cela ne tienne : dès 2005, le président Thabo Mbeki s'était opposé à la tentative de coup d'Etat en Côte-d'Ivoire contre le régime constitutionnel du président Laurent Gbagbo, s'étonnant de la présence dans ce pays de milliers de soldats étrangers qu'il qualifia « d'armée d'occupation. » Actuellement, le successeur de Thabo Mbeki, Jacob Zuma, peine à s'impliquer au-delà des frontières de son pays pour faire échec aux intérêts obscurs.
Kwame Nkrumah, Nasser, Nyerere trahis. Marien Ngouabi, Samora Machel, Thomas Sankara, Moshood Abiola,...assassinés. Kadhafi, lâchement éliminé pour faire main basse sur le pétrole libyen. Les présidents Sidi Ould Cheikh Abdallahi en Mauritanie, Amani Toumani Touré au Mali, Pascal Lissouba au Congo ou encore Ange Patassé en Centrafrique ont été renversés. Les leaders Jean-Pierre Fabre au Togo, Placido Mico, unique député de l'opposition en Guinée Equatoriale, Ngarjely Yorongar pour le Tchad, Etienne Tshisékedi wa Mulumba pour la RDC, et bien d'autres embastillés, séquestrés ou contraints à l'exil. En Egypte, Mohamed Morsi, élu démocratiquement a été renversé et emprisonné. Le Cameroun, le Gabon et le Burkina Faso sont fermés. François Bozizé, chassé du pouvoir en Centrafrique par une rébellion. Le Nigeria du président Goodluck Jonathan est désormais dans la nacelle islamiste. Au Maghreb, le « Printemps arabe » aura été un leurre. La république démocratique du Congo, morcelée, pillée et mise à feu et à sang en présence de 20.000 soldats de l'Onu. Résultat : 10 millions de morts et des millions de femmes violées dans une indifférence caractérisée…
Il y a urgence de la reprise du flambeau de Madiba
Il y a urgence, pour la terre africaine, et dans son strict intérêt, que des vrais leaders parviennent à la reprise du flambeau de Madiba, pour porter loin l'idéal africain d'indépendance et de vie qui demeure intact. Une certitude, l'espoir que Nelson Mandela laisse en héritage aux africains et à tous les peuples vivra. Car, à l'instar du « térébinthe et du chêne qui conservent leur tronc quand ils sont abattus » comme le stipule la Sagesse divine, un germe reprendra à coup sûr le flambeau.
Franck CANA
Écrivain progressiste
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