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Être politicien, ça ne se proclame pas, mais ça se prouve

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Être politicien, ça ne se proclame pas, mais ça se prouve
Il existe plusieurs sortes de déviances. Mais, celle qui a cours au Congo est visiblement déconcertante à plus d’un titre. A ce jeu de cache-cache auquel se livrent les acteurs de la vie politique dans notre pays, l’on se demande légitimement à quelle sauce sera mangé le peuple dépositaire du pouvoir réel.

En effet, en observateur averti, je n’irai pas par quatre chemins pour me rendre à l’évidence que les propos volontairement maladroits et le comportement irresponsable qu’affichent les acteurs de la Majorité présidentielle, à chaque sortie, ne sont pas de nature à mettre en confiance le peuple congolais. Mais, se rendent-ils compte de cet état de chose? Oh que non! Car ils n’ont pratiquement pas le temps de faire un sondage d’opinion. Le déficit en communication en est une belle illustration. Il n’existe même pas, de ce côté, un organe de presse capable de faire des analyses et dans lequel s’exprimeraient tous les courants qui la composent. Chacun d’eux pense qu’une fois la tempête passée, tout se remet en ordre.
Erreur! La dernière trouvaille, à savoir la campagne «Touche pas à mon président», n’a pas trouvé réellement un relai estampillé Majorité présidentielle. Tout ce flot de paroles débitées à travers le pays à coup de millions de francs Cfa, n’a été qu’un coup d’épée dans l’eau. Ici on pense que «tout baigne!». Or, la souffrance du citoyen lambda est, chaque jour, croissante. Je n’en voudrais pour preuve patente que la fermeture indéterminée de l’unique centre de santé publique du Nord de Brazzaville: le Centre hospitalier de Talangaï. Sous d’autres entités administratives de la ville-capitale, des élus du peuple se seraient levés, pour pousser le coup de gueule des populations des arrondissements concernés, qui ne savent plus à quel saint se vouer.
Dans les mêmes directions, l’exécutif municipal, qui est censé veiller au bien-être des populations de la ville, brille par une absence de résultats. En effet, combien de fois s’est-il réuni? Combien de décisions a-t-il pris? Et à l’arrivée, combien ont été mises à exécution?
Le commun des Brazzavillois conviendra, avec moi, qu’il n’y a aucune lueur d’espoir à l’horizon de leur ville. Les ténèbres occupent toujours son ciel: le manque de transport en commun, le non-suivi des nombreux ouvrages gracieusement mis à sa disposition, bref, la liste n’est pas exhaustive. Malgré ce tableau sombre, nos amis ne font aucun effort pour se mettre dans leur peau de serviteur du peuple.
A l’inverse, le gendarme ne joue, franchement, pas le rôle qui le est le sien. L’opposition, qui devait rappeler aux gestionnaires actuels du pouvoir que leurs engagements du début ne sont pas tenus, se lance dans des diatribes qui ôtent à leurs propos toutes substances. Et pourtant, elle a un statut reconnu dans la Constitution du 20 janvier 2002.
A titre illustratif, chaque fois qu’on lui pose une question sur la fête tournante, dans les départements, la réponse est: «II n’y a rien». Cependant, les populations voient des voiries urbaines se construire, des édifices pousser du sol, ce qu’on ne voyait qu’à Brazzaville, à Pointe-Noire et à Dolisie. On construit des marchés modernes, qu’en dites-vous? «II n’y a rien dans ces marchés, on ne trouve même pas du manioc à vendre». Et le programme d’activités du président? «J’ai essayé de le lire et j’ai failli vomir, je l’ai jeté par terre»... Le communiqué final de toutes ses réunions ne se termine que sur les mêmes choses, à savoir, le mandat du président, il lui reste deux ans à passer à la tête du pays et après il faut qu’il s’en aille. La légèreté avec laquelle cette partie indispensable de la vie politique aborde les problèmes de la «cité» qu’elle est censée diriger demain déconcerte énormément. La politique de la chaise vide qu’elle pratique ne l’aide pas dans sa position actuelle. Pour espérer reconquérir les voix du peuple, demain, la Majorité présidentielle devrait soigner son image. Le spectacle désolant qu’elle offre au peuple devrait cesser.
Quant à l’opposition, l’élégance dans les propos la grandirait et drainerait vers elle, potentiellement, d’autres adhérents. Elle devrait sortir des sentiers battus, pour faire œuvre utile.
A tous, épargnez le peuple des nouvelles affres des affrontements inutiles. Bannissez la déviance et revenez sur la bonne voie, pour le bonheur de tous. Il est évident que, depuis la fin de la guerre de triste mémoire de 1997, un progrès sensible est visible, même si l’excellence n’est pas au rendez-vous dans tous les cas.
Rappelons-nous, cependant, que si plusieurs citoyens d’un pays s’en prennent à l’Etat, c’est parce qu’ils ne le respectent pas. Et s’il en est ainsi, c’est bien parce que celui-ci brille par une attitude de démission. Or, être politicien, ça ne se proclame pas, mais ça se prouve, en alliant le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté.

Stanislas Hilaire NDENGUI

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