Ancien sociétaire du mythique orchestre Les Bantous de la capitale, le chanteur Raphael Ngollo Ngouma «Lièvre Nana», décédé en fin mars 2014, à l’hôpital Général de Loandjili, à Pointe-Noire, a été inhumé, le vendredi 4 avril dernier, au cimetière de Vindoulou. Dans l’indifférence quasi générale. Il était âgé de 60 ans.
Né le 15 décembre 1954, à Dolisie, l’artiste a fait ses premières armes musicales à Pointe-Noire, le 19 février 1971. Grâce à sa rencontre avec David Makoundi «Mack Dav» et David Ngoma «Cubain». C’était à Dallas, un quartier chaud de Pointe-Noire. Les trois amis vont commencer à fréquenter et assister quelques groupes d’animation et chantant, lors de leurs prestations sur scène, comme le groupe vocal ‘’Les cols bleus’’ de Rigadin Mavoungou et l’orchestre African Mad Matata, où le grand frère de Raphael Ngollo Ngouma, Michel Ngollo, était chanteur.
De fil en aiguille et animés d’un seul idéal, les trois amis fondent le groupe vocal ‘’Les Parias’’, le 7 juin 1972, dans le quartier Mvoumvou. Pendant cette période, il y avait, déjà, des groupes vocaux qui faisaient tabac à Pointe-Noire, comme: ‘’Les Nègres’’, ‘’Les Banzouzis’’, ‘’Les Benjamins’’, ‘’Les Ames Tendres’’, ‘’Les Ames nègres, ‘’Les cols bleus’’ et ‘’Les Patriotes’’, du Lycée Victor Augagneur.
Le groupe ‘’Les Parias’’ va connaître un grand succès à Mvoumvou, et un peu partout à Pointe-Noire. D’où sa reconnaissance officielle par l’administrateur-maire Mvoula Léa, qui en deviendra le président d’honneur, avec, à ses côtés, Honoré Paka.
Le 25 décembre 1973, lors de la fête de Noël, au bar «Fofo», Raphael Ngollo Ngouma est reçu dans African Mod Matata. Où il démontre et confirme ses qualités de chanteur, après un test.
Le chanteur connaît son apogée dans Les Bantous de la Capitale, qu’il va intégrer quelques années plus tard, et où il évolue avec détermination et fidélité. Fidélité, parce que quand certains musiciens de cet orchestre sont partis pour fonder Les Bantous Monument, sous la mouvance de Didier Kabala, malgré les soubresauts, lui et quelques musiciens n’ont pas voulu quitter le navire qui chavirait.
L’artiste n’a pas eu beaucoup de chants à son actif, mais par contre, là où il a chanté, si vous n’êtes pas un mélomane averti, vous pouvez penser que c’est lui l’auteur compositeur. Vous avez, par exemple, des chants comme «Machette» et «BM 21», où il a dominé et bien imposé sa voix.
Il était aussi parmi ceux qui ont organisé la première édition du Fespam (Festival panafricain de musique), en 1996, avec les Jean Serge Essous. Comme quoi, il aimait bien ce métier. Tout pour lui était la musique et la musique était tout pour lui.
Mais avec les déboires de la vie, il sera mis aux arrêts, et incarcéré à la Maison d’arrêt de Brazzaville, pendant plusieurs années.
Victime d’un A.v.c (Accident vasculaire cérébral), le chanteur, libéré, avait disparu de la scène musicale. Il était devenu presque aphone, et marchait à peine, en traînant ses jambes avec difficulté.
Abandonné à son triste sort et sans ressources pour survivre, il décide de rejoindre ses parents à Pointe-Noire, plus précisément sa soeur cadette, dans le quartier Mpaka, pour vivre ses derniers jours. Ceci dans l’indifférence totale de ses anciens collègues des Bantous de la Capitale et des responsables de la culture.
Malgré les communiqués diffusés sur les ondes des radios et télévisions, annonçant son décès, sa veillée n’a pas connu une affluence de musiciens, encore moins la présence des autorités de la culture.
Le jour de ses funérailles, on a pu voir ses anciens collègues du groupe ‘’Les Parias’’, David Makoundi et David Ngoma. Ceux-ci se sont plaints de la non-participation des musiciens, surtout ceux des Bantous de la Capitale.
Le B.c.d.a, absent aussi aux funérailles, avait envoyé une contribution de 75 000 F.Cfa. Mais pour recouvrer cet argent, il fallait faire le pied de grue à son bureau de Pointe-Noire, a déploré la famille du défunt. Dont l’épouse, Maman Coco, qui avait appris le décès de son époux, depuis Brazzaville, n’était pas assistée par ceux-là qui ont, jadis, travaillé avec son défunt mari, à la petite veillée qu’elle avait organisée, avant qu’elle ne vienne à Pointe-Noire pour enterrer celui-ci.
Comme quoi, parfois le batteur de tam-tam n’est jamais emmené en terre au son du tam-tam.
René-Charles IVOUVOU
De fil en aiguille et animés d’un seul idéal, les trois amis fondent le groupe vocal ‘’Les Parias’’, le 7 juin 1972, dans le quartier Mvoumvou. Pendant cette période, il y avait, déjà, des groupes vocaux qui faisaient tabac à Pointe-Noire, comme: ‘’Les Nègres’’, ‘’Les Banzouzis’’, ‘’Les Benjamins’’, ‘’Les Ames Tendres’’, ‘’Les Ames nègres, ‘’Les cols bleus’’ et ‘’Les Patriotes’’, du Lycée Victor Augagneur.
Le groupe ‘’Les Parias’’ va connaître un grand succès à Mvoumvou, et un peu partout à Pointe-Noire. D’où sa reconnaissance officielle par l’administrateur-maire Mvoula Léa, qui en deviendra le président d’honneur, avec, à ses côtés, Honoré Paka.
Le 25 décembre 1973, lors de la fête de Noël, au bar «Fofo», Raphael Ngollo Ngouma est reçu dans African Mod Matata. Où il démontre et confirme ses qualités de chanteur, après un test.
Le chanteur connaît son apogée dans Les Bantous de la Capitale, qu’il va intégrer quelques années plus tard, et où il évolue avec détermination et fidélité. Fidélité, parce que quand certains musiciens de cet orchestre sont partis pour fonder Les Bantous Monument, sous la mouvance de Didier Kabala, malgré les soubresauts, lui et quelques musiciens n’ont pas voulu quitter le navire qui chavirait.
L’artiste n’a pas eu beaucoup de chants à son actif, mais par contre, là où il a chanté, si vous n’êtes pas un mélomane averti, vous pouvez penser que c’est lui l’auteur compositeur. Vous avez, par exemple, des chants comme «Machette» et «BM 21», où il a dominé et bien imposé sa voix.
Il était aussi parmi ceux qui ont organisé la première édition du Fespam (Festival panafricain de musique), en 1996, avec les Jean Serge Essous. Comme quoi, il aimait bien ce métier. Tout pour lui était la musique et la musique était tout pour lui.
Mais avec les déboires de la vie, il sera mis aux arrêts, et incarcéré à la Maison d’arrêt de Brazzaville, pendant plusieurs années.
Victime d’un A.v.c (Accident vasculaire cérébral), le chanteur, libéré, avait disparu de la scène musicale. Il était devenu presque aphone, et marchait à peine, en traînant ses jambes avec difficulté.
Abandonné à son triste sort et sans ressources pour survivre, il décide de rejoindre ses parents à Pointe-Noire, plus précisément sa soeur cadette, dans le quartier Mpaka, pour vivre ses derniers jours. Ceci dans l’indifférence totale de ses anciens collègues des Bantous de la Capitale et des responsables de la culture.
Malgré les communiqués diffusés sur les ondes des radios et télévisions, annonçant son décès, sa veillée n’a pas connu une affluence de musiciens, encore moins la présence des autorités de la culture.
Le jour de ses funérailles, on a pu voir ses anciens collègues du groupe ‘’Les Parias’’, David Makoundi et David Ngoma. Ceux-ci se sont plaints de la non-participation des musiciens, surtout ceux des Bantous de la Capitale.
Le B.c.d.a, absent aussi aux funérailles, avait envoyé une contribution de 75 000 F.Cfa. Mais pour recouvrer cet argent, il fallait faire le pied de grue à son bureau de Pointe-Noire, a déploré la famille du défunt. Dont l’épouse, Maman Coco, qui avait appris le décès de son époux, depuis Brazzaville, n’était pas assistée par ceux-là qui ont, jadis, travaillé avec son défunt mari, à la petite veillée qu’elle avait organisée, avant qu’elle ne vienne à Pointe-Noire pour enterrer celui-ci.
Comme quoi, parfois le batteur de tam-tam n’est jamais emmené en terre au son du tam-tam.
René-Charles IVOUVOU
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