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L’opposition politique au Congo-Brazzaville est-elle crédible ?

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Brazzaville, (Starducongo.com) - Lorsque l’on exige que les membres du Parti Congolais du Travail demandent à leur patron de respecter et d’appliquer la constitution en 2016, ils rétorquent sans hésiter : « Qui est capable de remplacer le président Denis Sassou-Nguesso ? » Cette réponse est un défi lancé à l’opposition congolaise, de présenter un homme pouvant rivaliser avec leur « champion ».
L’opposition politique au Congo-Brazzaville est-elle crédible ?
Sans être un érudit de la vie politique congolaise, force est de constater, qu’à deux ans de l’échéance cruciale de 2016, l’opposition congolaise reste l’ombre d’elle-même et dans l’incapacité d’inquiéter le pouvoir en place ni même d’influencer l’agenda politique. Or, les sujets et les motifs de mobilisation sont nombreux.
Cette situation de sécheresse de l’opposition, est inévitablement le résultat d’une stratégie de déstabilisation finement menée par le président Denis Sassou-Nguesso. A mesure que s’approche l’échéance de 2016, l’opposition congolaise demeure divisée et incapable de produire un leader valable, encore moins un programme alternatif crédible.

Jacques Ancelot a dit : « Mieux que la raison, l’estomac dirige les hommes » et Georges Washington d’ajouter : « Peu d’hommes si vertueux soient-ils ne peuvent résister au plus offrant ». Comme nous pouvons l’observer, le relief du paysage politique congolais, déjà très accidenté est façonné par les besoins de l’estomac. Quand on sait que, depuis le boom pétrolier, les hommes politiques congolais ont les estomacs les plus gros d’Afrique, on peut aisément conclure que le combat politique n’est pas engagé dans le pays pour le bien être social du peuple congolais. Dans cet art subtil de remplir ou de vider les estomacs, le génie reste au président Denis Sassou-Nguesso.

Qui est véritablement opposant au Congo-Brazzaville ? La majorité de ceux qui prétendent être des opposants, ont d’abord été des « lieutenants » ou des « évêques » au sein du pouvoir. Une fois éjectés du pouvoir, ils deviennent des opposants. Il s’agit souvent d’une opposition virulente destinée à accroître les capacités de nuisances afin d’être à nouveau récupéré par le pouvoir. Au Congo, il n y a pas d’avenir politique dans l’opposition. C’est une opposition gouvernée par les besoins et le volume de l’estomac. Très peu d’opposants ont été fabriqués hors du pouvoir.

En cas d’alternance politique, il y a sérieusement un doute sur la capacité de l’opposition à gouverner le pays. A propos du choix des hommes, du programme et des moyens, c’est encore le flou artistique. Avant de répondre aux intentions affichées par le pouvoir de changer la constitution du 20 janvier 2002, pour permettre au président Denis Sassou-Nguesso d’être candidat à sa propre succession, l’opposition n’a produit aucune réflexion de fond. En affirmant un refus instinctif et radical au changement de la constitution du 20 janvier 2002, elle cautionne la perpétuité de la dictature dans le pays, car la constitution du 20 janvier 2002, conforte l’autocratie politique au Congo. Comment expliquer, que ceux qui étaient farouchement opposés à l’instauration de cette constitution en 2002, en deviennent ses partisans et ses avocats ? Dans l’hypothèse d’une alternance politique, l’opposition maintiendrait-elle cette constitution ? Le président Denis Sassou Nguesso peut-il redouter une opposition constituée en partie de cerveaux cassés, ou la réflexion et l’analyse ne précède pas la réaction ou l’action ?

La campagne : « Touche pas à ma constitution » on pourrait dire : « Touche pas à ma dictature » est l’une des plus grosses aberrations politiques au Congo ces dernières années.
La souscription au changement de la constitution du 20 janvier 2002, n’est aucunement l’acceptation du maintien au pouvoir du président Sassou-Nguesso au-delà de 2016. Comment une opposition responsable, peut-elle accréditer le règne d’une constitution qui perpétue un régime de concentration des pouvoirs ? Ne sommes-nous pas revenu, avec cette nouvelle réforme des institutions, à l’équation politique de 1991, où le peuple congolais devait choisir, entre une véritable démocratie et l’abandon de la dictature ?

Appolinaire NGOLONGOLO
Journaliste, écrivain

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