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Nabil Ayouch : Le film «Les chevaux de Dieu» m’a donné envie d’aller tout simplement au-delà du miroir

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Nabil Ayouch : Le film «Les chevaux de Dieu» m’a donné envie d’aller tout simplement au-delà du miroir
Le film «Les chevaux de Dieu»de Nabil Ayouchest dans les salles obscures depuis le début de ce mois. Ce long métrage, librement inspiré des attentats du 16 mai 2003,a déjà reçu quatorze prix à travers le monde.
Entretien avec le réalisateur.

Le film «Les chevaux de Dieu» traite d’un sujet délicat. En vous y engageant, quel défi vous étiez-vous imposé ?

Nabil Ayouch
: Je ne m’impose aucun défi. Je fais des choix artistiques, en l’occurrence le choix du réalisme et la volonté de plonger véritablement à l’intérieur du bidonville et de me positionner par rapport au point de vue des habitants. Et non du point de vue qu’on connaissait avant et qui pourrait être lointain voire un peu déformé. Avec ce film, j’ai eu envie tout simplement d’aller de l’autre côté du miroir.
Il se trouve qu’on s’est intéressé jusqu’à présent aux premières victimes de ce drame, celles qui sont mortes ou ont perdu des proches. J’ai donc voulu qu’on découvre aussi les autres victimes à travers ce film : ces jeunes de vingt ans qu’on embrigade, manipule et qu’on envoie se faire sauter au milieu d’innocents.

Que pensez-vous avoir appris en explorant cet autre côté?

Qu’il n’y a pas une seule raison pour devenir kamikaze. Que le postulat consistant à dire, misère économique et sociale équivaut attentat-suicide, est loin d’être vrai. Sinon, il y aurait beaucoup de kamikazes à travers le monde. Il y a d’autres raisons aussi qui sont d’ordre général, géopolitique et personnel liées au parcours de tout un chacun.
Vous avez rencontré les parents des victimes. Qu’est-ce qui vous aura le plus marqué lors de vos échanges ?
Enormément de souffrances. Cela dit, même si ce drame est toujours présent à l’esprit, bien des familles ont pu le surmonter. Et le fait que certaines aient pu venir assister à sa projection prouve qu’on n’est peut-être proche d’une réconciliation.

Certains acteurs jouaient pour la première fois au cinéma. Etait-il facile pour eux de se mettre dans le bain du film ?

Oui, même si le sujet n’était pas simple. On a beaucoup travaillé sur l’improvisation, les personnages et surtout sur leur vécu qui est très proche de ce que vous avez vu dans le film. Et qui, je pense, a dû les aider à se mettre dans la peau de leur personnage.
J’ai travaillé avec des garçons extrêmement sensibles, lucides et intelligents qui ont beaucoup de talent et de choses à exprimer. Sauf qu’on ne leur a pas donné jusqu’à présent la possibilité de l’exprimer. Avec ce film, je suis heureux d’avoir pu le faire. Pour moi, ce sont de vrais comédiens, même s’ils n’ont pas fait d’école.

Au-delà du film et de l’excellent travail fourni, y a-t-il un message que vous vouliez faire passer ?

Je ne fais pas de films à message. Je fais des films pour exprimer mes idées, sentiments et points de vue sur le monde qui m’entoure.

Le film reçoit un bel accueil du public. Qu’en est-il à l’étranger ?

J’ai été heureux de voir à tel point le film avait été compris dans différents pays. A ce jour, il a décroché 14 récompenses. Cette consécration prouve, s’il en est besoin, que le cinéma national est sur la bonne voie.

Alain Bouithy
bouithy@starducongo.com

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