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Biennale d’art contemporain de New York : Steven Lumière Moussala défendra les couleurs de l’Afrique

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Biennale d’art contemporain de New York : Steven Lumière Moussala défendra les couleurs de l’Afrique
Du 13 au 26 mars 2013, les Etats-Unis d’Amérique vibreront aux rythmes de la Biennale d’art contemporain de New York. Le comité artistique de cette grand-messe a jeté son dévolu sur Steven Lumière Moussala, photographe congolais, de renommée mondiale, basé à Rennes, en France, pour défendre les couleurs de l’Afrique. Une reconnaissance de l’ingéniosité de l’artiste. Qui séjourne, depuis quelques jours, dans son pays natal. Et s’est prêté à nos questions.

*Qu’est-ce que ça vous fait d’être choisi pour représenter l’Afrique à cette biennale?
** C’est toujours intéressant, quand on est Africain, de représenter son continent à l’extérieur. En en mot, on est des ambassadeurs de ceux qui représentent une autre Afrique, pas celle des guerres, de la famine, mais des idées, des débats culturels et scientifiques. Et je pense que c’est une fierté, pour moi, pour mon pays, et pour l’Afrique.

* Quel travail présenterez-vous à cette biennale?
** Je poursuis, en fait, un travail qui se lit un tout petit peu à la lisière du travail de Camara Laye, sur «A ma mère». Et moi, c’est juste pour présenter, en fait, l’amour qu’une maman porte pour ses enfants. C’est un travail que j’ai réalisé sur les enfants à une dimen-sion beaucoup plus contemporaine, ce qui nous lie de l’enfance à tout ce qui est nouvelle technologie, de l’enfance à l’amour, de l’enfance, à, en fait, la sincérité qui se dégage entre une mère et une enfant. Parce que je me suis rendu compte que tout ce que nous avons connu comme remous sociaux, guerres civiles, à un moment, arrive à estomper l’amour que nous devons avoir, d’abord, sur nous-mêmes, et, ensuite, sur ceux qui nous entourent, notre maman, la phratrie est vraiment dispersée. Mais, par le biais de l’acte photographique, on peut arriver à reconstituer ce qu’on appelle la famille, à mettre les mots autour des images, c’est-à-dire mettre l’amour sur les photos, et pouvoir en parler. Parce que le problème que nous reconnaissons, partout dans l’humanité, c’est un problème d’amour. Je pense que l’amour a toujours été le fil conducteur de mon raisonnement artistique et par là, je veux bien vraiment quantifier ce lien, et voir dans quelle mesure, qu’est-ce que c’est, l’amour, et comment par l’amour, on peut arriver à un développement humain, mental, social.

* Quel est l’objet de votre visite au pays?
** Je suis venu dans la cadre de la préparation du premier forum des jeunes de la Cemac (ndlr: Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale), prévu du 24 au 27 avril 2013, à Brazzaville. Nous allons y parler des questions de l’intégration de la jeunesse africaine, qui demeurent, parfois, tabous ou beaucoup parlées, mais très peu mises en pratique. Et nous, les jeunes du Congo, du Cameroun, du Gabon, de la Guinée Equatoriale, de la Centrafrique et du Tchad, nous avons créé une association: l’A.j.e.c (Association des jeunes de la Cemac). A travers laquelle, nous voudrons bien réaffirmer la notion d’intégration, donner une part de possibilités aux jeunes de la diaspora, pour qu’ils viennent aussi apporter leur dynamisme, leur savoir-faire, leur compétence, pour la reconnaissance de l’Afrique. Et c’est autour de la notion d’intégration que nous allons débattre. En même temps, nous sommes en train de chercher des partenaires, à l’intérieur comme à l’extérieur du Congo, qui viendront investir en Afrique centrale. Pour donner l’autonomie, un tout petit peu aussi, aux politiques, qui n’arrivent pas, souvent, à aller au-delà de leurs propos. Mais, nous, les jeunes, nous allons amener les investisseurs, pour créer des emplois, donner la possibilité aussi aux autres de pouvoir se sentir dignement Africains, et mettre au cœur de cette responsabilité la notion de la patrie. Parce que le plus grand problème, au niveau de l’Afrique, c’est aussi le problème du patriotisme. C’est la plus grande question dont nous allons débattre avec des frères de l’Afrique centrale, de la diaspora, qui viendront de partout, pour participer à cette rencontre, et, ensemble, on va essayer de travailler main dans la main.

* Auriez-vous un message, pour conclure notre entretien?
** Le message, c’est à l’endroit des hommes politiques, parce que je me suis rendu compte que dans pas mal de discours des décideurs politiques, qui ont jalonné la sous-région d’Afrique centrale, en aucun moment, j’ai entendu la notion de culture. Aujourd’hui, je suis devenu un acteur clé de la culture, parce que je suis en Master II professionnel développement des projets artistiques et culturels internationaux, diplômé d’arts plastiques à l’Université de Rennes II. Actuellement, je suis à l’université Lumière, à Lyon, et en stage à l’ambassade de France de Bucarest, je me suis rendu compte que la notion de culture est très peu prônée. Nous voulons œuvrer à ce qu’en Afrique, l’Union africaine puisse être, aussi, un outil au service de la culture, comme l’Union européenne, notre modèle. Et dont nous travaillons, actuellement, avec les acteurs clés, qui nous aiguisent, pour nous donner des possibilités de voir dans quelle mesure nous pouvons faire de l’Afrique aussi un terrain de culture et une culture très prononcée sur la langue, les arts plastiques, et, notamment, développer tout ce qui est promotion, diffusion des arts de l’Afrique.

Propos recueillis par
Véran Carrhol YANGA

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